Nos plumes en sont tombées. On savait qu’en matière d’aide à la procréation médicale, nos cousines anglosaxonnes n’étaient pas logées à la même enseigne que nous, son accès étant beaucoup moins limité en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis qu’en France. Un article du Guardian a achevé de nous en convaincre.
On y apprend que le premier salon grand public de la fertilité s’est tenu à Londres le week-end dernier. Deux jours d’exposition entièrement dédiés aux ovaires, au sperme, aux courbes d’ovulation, et bien entendu aux dernières techniques développées pour essayer de donner un gros coup de pouce à la nature… La journaliste du quotidien britannique nous livre un compte-rendu édifiant de sa visite (undercover car on a beau être au royaume des tabloïds, les médias étaient quand même interdits de salon au nom du respect de la confidentialité !). Une sorte de cour des miracles avec 80 exposants dont une quarantaine de spécialistes de la fécondation in vitro et de l’ICSI, des cliniques privées affichant leurs taux de réussite comme slogan publicitaire, et des banques de sperme vantant les mérites de donneurs potentiels sur catalogues (depuis 2005 le don de sperme n’est plus anonyme en Angleterre, contraitement à la France). Pour un peu plus de 110 €, au détour d’un stand, il était possible de faire tester la qualité de son sperme dans une petite pièce à l’abri des regards (résultats garantis en moins d’une heure), avec vente de lubrifiant censé booster ledit sperme à la clé (sic). Un peu plus loin, les femmes pouvaient obtenir des conseils en matière de nutrition, découvrir les vertus de l’acupunture, ou encore se faire faire leur thème astral pour connaître la qualité de leurs ovules (re-sic) pour maximiser leurs chances d’avoir un bébé.
La fertilité est semble-t-il un marché juteux en Grande-Bretagne: l’article nous apprend que plus de 550 millions d’euros sont dépensés chaque année par des couples prêts à beaucoup de sacrifices (notamment financiers puisque 80% des traitements sont à leur charge) pour avoir un enfant. Choisir la clinique où l’on ira se faire inséminer comme on irait choisir sa prochaine voiture peut évidemment suprendre vu de France où les techniques de procréation médicalement assistée sont très encadrées par la loi (mais du coup remboursées par l’Assurance maladie!). Mais quand on sait qu’il faut souvent attendre 18 mois pour obtenir un rendez-vous dans un hôpital public anglais, on comprend que ça laisse le champ libre à pas mal d’initiatives privées, avec plus ou moins de dérives. 3000 visiteurs ont en tout cas été séduits par ce salon, comme cette trentenaire ressortie les bras chargés comme si elle revenait d’une virée dans un shopping mall, sauf que ce n’était pas des fringues qui dépassaient de ses sacs mais des kits d’ovulation…





